Les talibans confirment les premiers coups de fouet publics pour les contrevenants à la charia

Les talibans ont confirmé cette semaine qu’ils avaient fouetté publiquement des dizaines de personnes qui avaient violé la charia, ce qui a provoqué une vive réaction des responsables américains.

Trois femmes et 11 hommes ont été fouettés mercredi après avoir été reconnus coupables de vol et de “crimes moraux”, a déclaré un responsable provincial à l’Agence France-Presse.

“Le nombre maximum de coups de fouet pour quiconque était de 39”, a déclaré à l’AFP Qazi Rafiullah Samim, responsable de l’information et de la culture pour la province de Logar, au sud de Kaboul.

“Des érudits honorables, des moudjahidines, des anciens, des chefs tribaux et des habitants locaux” ont été invités au stade de football de Pul Alam de la ville pour assister aux flagellations, a déclaré le bureau du gouverneur à l’Associated Press.

Cela s’est produit après que 10 hommes et neuf femmes ont été fouettés le 11 novembre pour adultère, vol et fugue dans une mosquée du nord-est de l’Afghanistan, a déclaré dimanche un responsable de la Cour suprême, selon l’AP.

Le responsable a déclaré que les coups de fouet du 11 novembre avaient eu lieu devant des anciens, des universitaires et des résidents après les prières du vendredi.

“C’est à la fois épouvantable et un signe dangereux que les talibans sont de plus en plus provocants pour montrer au monde qu’ils adoptent les politiques du passé”, tweeté Rina Amiri, l’envoyée spéciale des États-Unis pour les femmes, les filles et les droits humains afghans. “Cela ne s’est pas bien terminé avant et cela va encore une fois entraîner le pays sur une voie périlleuse.”

Le chef taliban Haibatullah Akhundzada a ordonné aux juges afghans d’imposer ce mois-ci des peines conformes à la charia.

Il existe deux types de crimes auxquels la charia s’attaque : les hududs et les qisas. Les hududs sont des crimes contre Dieu dont les châtiments sont décrits dans le Coran, notamment l’amputation des mains et des pieds, la flagellation et la mort.

Les qisas sont des peines pour meurtres ou agressions physiques qui sont déterminées par un juge.