L’Allemagne met fin à sa participation à la mission de maintien de la paix de l’ONU au Mali

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L’Allemagne mettra fin à sa participation à une mission de maintien de la paix de l’ONU au Mali d’ici la fin de l’année prochaine, a indiqué mercredi à l’AFP une source gouvernementale après des mois de pépins opérationnels.

“D’ici la fin de 2023 au plus tard, les soldats allemands doivent mettre fin à leur implication dans la mission des casques bleus de l’ONU, la MINUSMA”, a indiqué la source.

La Grande-Bretagne et la Côte d’Ivoire avaient déjà annoncé plus tôt cette semaine qu’elles se retireraient de la mission.

Selon la source allemande, des responsables de la chancellerie, du ministère de la Défense et du ministère des Affaires étrangères sont parvenus à un accord de principe pour retirer les troupes.

Une décision finale sur l’opportunité de continuer au Mali sera prise mardi prochain lors d’une réunion à laquelle participera le chancelier Olaf Scholz, a indiqué la source.

Une source du ministère des Affaires étrangères a déclaré que les pourparlers étaient toujours en cours et qu’une décision finale n’avait pas encore été prise.

L’armée allemande est au Mali depuis 2013 avec une présence de jusqu’à 1 400 soldats dans le cadre de la mission MINUSMA.

Les troupes allemandes sont en partie destinées à compenser la perte de soldats français, après que Paris a retiré ses forces du pays plus tôt cette année.

Les troupes françaises étaient au Mali depuis près de 10 ans pour aider à combattre les groupes djihadistes qui constituent une menace croissante au Sahel.

Mais ils se sont retirés après une rupture des relations alors que la junte se détournait de la France et se tournait vers la Russie dans sa lutte contre le djihadisme.

Les forces allemandes ont été confrontées à des difficultés croissantes ces derniers mois et ont dû suspendre à plusieurs reprises les patrouilles de reconnaissance après s’être vu refuser les droits de survol.

Drones au sol

Le ministère de la Défense a déclaré mercredi que le Mali n’avait pas accordé les autorisations requises pour ses drones de reconnaissance depuis le 11 octobre.

“Bien sûr, cela a un impact sur l’exécution de la mission – elle est considérablement restreinte”, a déclaré un porte-parole du ministère.

Le président élu du Mali, Ibrahim Boubacar Keita, a été renversé en août 2020 par des officiers mécontents de l’échec à faire reculer une insurrection djihadiste qui a fait des milliers de morts et chassé des centaines de milliers de leurs foyers.

L’année suivante, l’armée a chassé un gouvernement civil intérimaire et a commencé à tisser des liens plus étroits avec le Kremlin, en acquérant des avions de combat et des hélicoptères russes et en faisant venir du personnel décrit par l’Occident comme des mercenaires du groupe russe Wagner.

Les relations avec la France, ancienne puissance coloniale et alliée traditionnelle du Mali, se sont rapidement détériorées.

La Côte d’Ivoire a annoncé mardi qu’elle retirerait ses troupes des opérations de maintien de la paix de l’ONU d’ici août 2023.

Annonçant le retrait de la Grande-Bretagne lundi, le ministre de la Défense James Heappey a déclaré que les dirigeants militaires du Mali n’étaient “pas disposés à travailler avec nous pour assurer une stabilité et une sécurité durables”.

Il a ajouté que leur « partenariat avec le groupe Wagner est contre-productif pour une stabilité et une sécurité durables dans leur région ».

Le Conseil de sécurité de l’ONU a renouvelé le mandat de la MINUSMA pour un an le 29 juin, bien que la junte se soit opposée aux demandes d’autoriser la liberté de mouvement des enquêteurs sur les droits de la mission.

La MINUSMA est l’une des plus grandes opérations de maintien de la paix de l’ONU, avec 17 557 soldats, policiers, civils et volontaires déployés en juin, selon le site Internet de la mission.

(AFP)