Guerre et Thanksgiving – War on the Rocks

Note de l’éditeur : ceci est notre article annuel sur l’Action de grâces, initialement publié en 2013.

Joyeux Thanksgiving de la part de War on the Rocks ! Aujourd’hui, c’est la tradition : dinde et farce ; famille, amis et football. Dès la petite enfance, nous apprenons tous l’histoire d’origine de Thanksgiving qui est si mythiquement au centre de sa célébration. Les pèlerins de la colonie de Plymouth ont marqué une récolte réussie avec une fête à laquelle ils ont invité les Amérindiens qui avaient apporté une aide indispensable après le dur hiver précédent. Comptes rendus des célébrations et des débats antérieurs sur les récoltes (google “origines de l’action de grâces” si vous êtes intéressé et que vous avez des heures à tuer) sur la provenance réelle de ce qui allait devenir notre Thanksgiving mis à part, il n’est pas surprenant que l’histoire séculaire en fasse le vacances les plus ancrées dans la tradition uniforme à travers l’Amérique.

Mais comment l’action de grâce est-elle devenue l’action de grâce ? La première reconnaissance d’une seule fête de Thanksgiving célébrée à l’échelle nationale a été proclamée par le deuxième Congrès continental en 1777, un an après la signature de la déclaration d’indépendance. Il est venu alors que l’avenir de notre jeune pays était loin d’être certain et était en effet issu d’un lieu de rencontre temporaire car la capitale nationale de Philadelphie elle-même était alors occupée par les forces britanniques. La langue était marquée par son thème central de gratitude pour les succès des forces américaines, remerciant Dieu,

particulièrement en ce qu’il s’est plu, dans une si grande mesure, à faire prospérer les moyens employés pour l’appui de nos troupes, et à couronner nos armes du plus éclatant succès.

Le document a également publié des prières pour plus de chance sur le champ de bataille :

Inspirer nos commandants, à la fois par terre et par mer, et tous sous eux, avec cette sagesse et ce courage qui peuvent les rendre des instruments appropriés, sous la providence de Dieu tout-puissant, pour assurer à ces États-Unis, la plus grande de toutes les bénédictions humaines, l’indépendance et paix.

Des proclamations similaires ont suivi par intermittence pendant quelques années, mais ont disparu pendant une période jusqu’à ce que James Madison ramène la tradition en 1814 pour émettre des remerciements pour la fortune de l’Amérique dans une autre « période de calamité publique et de guerre », cette fois la guerre de 1812 (si grave que la proclamation préalable immédiate appelait les citoyens à se défendre contre l’invasion britannique de Washington). Comme la proclamation du Congrès continental de quatre décennies auparavant, Madison a également remercié pour

les faveurs distinguées conférées au peuple américain… dans les victoires qui ont si puissamment contribué à la défense et à la protection de notre pays,

et demandé

la sagesse de [the nation’s] mesures et succès à ses armes pour maintenir ses droits et vaincre tous les desseins et tentatives hostiles contre elle.

Mais le jour de Thanksgiving n’est devenu une célébration nationale annuelle qu’en 1863, lorsqu’Abraham Lincoln a publié sa propre proclamation. Comme ses prédécesseurs, cela aussi a été écrit dans le contexte contemporain d’un conflit qui menaçait la viabilité même des États-Unis en tant que nation souveraine et unifiée, “au milieu d’une guerre civile d’une ampleur et d’une gravité inégalées”.

Alors aujourd’hui, alors que nous profitons de nos traditions de Thanksgiving, nous devons prendre note de la manière dont les guerres que nous avons menées ont façonné notre nation non seulement politiquement, mais aussi culturellement et en tant que société. Nous ne célébrons pas Thanksgiving, mais Thanksgiving. Nous le célébrons chaque année, en tant que nation, une tradition unificatrice qui n’existerait pas sous une telle forme sans nos expériences partagées collectivement des conflits qui définissent notre histoire. En tant que tel, il n’y a peut-être pas de meilleur jour pour réfléchir à l’impact extrêmement important des guerres de notre nation – passées, présentes et futures.

Le texte intégral de la proclamation de Lincoln de 1863 est inclus ci-dessous.

Par le président des États-Unis d’Amérique

Une proclamation

L’année qui tire à sa fin a été remplie de bénédictions de champs fructueux et de cieux salubres. A ces bienfaits, dont on jouit si constamment qu’on a tendance à oublier la source d’où ils viennent, on en a ajouté d’autres qui sont d’une nature si extraordinaire qu’ils ne peuvent manquer de pénétrer et d’adoucir même le cœur qui est habituellement insensible à la providence toujours vigilante de Dieu Tout-Puissant.

Au milieu d’une guerre civile d’une ampleur et d’une sévérité inégalées, qui a parfois semblé aux États étrangers inviter et provoquer leur agression, la paix a été préservée avec toutes les nations, l’ordre a été maintenu, les lois ont été respectées et obéies, et l’harmonie a régné partout, sauf sur le théâtre des conflits militaires, tandis que ce théâtre a été fortement contracté par les armées et les marines en marche de l’Union.

Les détournements nécessaires de richesses et de forces des champs de l’industrie pacifique vers la défense nationale n’ont pas arrêté la charrue, la navette ou le navire ; la hache a élargi les frontières de nos établissements, et les mines, tant de fer et de houille que de métaux précieux, ont produit encore plus abondamment qu’auparavant. La population a régulièrement augmenté malgré le gaspillage qui a été fait dans le camp, le siège et le champ de bataille, et le pays, se réjouissant de la conscience d’une force et d’une vigueur accrues, est autorisé à s’attendre à continuer des années avec une grande augmentation de liberté.

Aucun conseil humain n’a conçu ni aucune main mortelle n’a élaboré ces grandes choses. Ce sont les dons gracieux du Dieu Très-Haut, qui, tout en nous traitant avec colère pour nos péchés, s’est néanmoins souvenu de la miséricorde.

Il m’a semblé juste et convenable qu’ils soient reconnus solennellement, respectueusement et avec gratitude, comme d’un seul cœur et d’une seule voix, par tout le peuple américain. J’invite donc mes concitoyens de toutes les régions des États-Unis, ainsi que ceux qui sont en mer et ceux qui séjournent à l’étranger, à mettre à part et à observer le dernier jeudi de novembre prochain comme un jour d’action de grâce et de louange à notre Père bienfaisant qui habite dans les cieux. Et je leur recommande qu’en offrant les attributions qui lui sont justement dues pour de si singulières délivrances et bénédictions, ils fassent aussi, avec une humble pénitence pour notre perversité et désobéissance nationale, qu’ils recommandent à ses tendres soins tous ceux qui sont devenus veuves, orphelins. personnes en deuil ou victimes de la lamentable guerre civile dans laquelle nous sommes inévitablement engagés, et implorons avec ferveur l’interposition de la main Tout-Puissant pour panser les blessures de la nation et la rendre, dès que cela sera compatible avec les desseins divins, à la pleine jouissance de la paix, de l’harmonie, de la tranquillité et de l’union.

En témoignage de quoi j’ai apposé ma signature et fait apposer le sceau des États-Unis.

Fait à Washington, le 3 octobre 1863, et de l’indépendance des États-Unis le quatre-vingt-huitième.

John Amble est le directeur éditorial du Modern War Institute.

Crédit photo : Matthieu Brady